Une fédération au service de ses membres

Le détachement, une autre manière de vivre la pédagogie

Vivre sa vie d’enseignant en-dehors d’une salle de classe ? Mettre ses compétences pédagogiques au service d’organisations de jeunesse ? C’est possible grâce au détachement pédagogique, une expérience riche en découvertes et en apprentissages.

Être détaché pédagogique, c’est mettre ses compétences d’enseignant au profit d’une autre institution que l’école pendant quelques années. Quand on est prof, on encadre ses élèves, on évalue leur acquisition des savoirs, des méthodes, et uniquement dans le cadre scolaire. Mais tous les enfants, tous les jeunes, tous les adolescents n’apprennent pas uniquement pendant les heures de cours ! En sortant de l’école, ils rejoignent un club sportif, un cours de musique, un mouvement de jeunesse, une organisation militante. C’est là où les jeunes apprennent le sens des responsabilités, les règles du vivre ensemble, les animations de groupe…

Être détaché pédagogique en organisation de jeunesse, c’est accompagner les jeunes et les équipes de permanents dans ces activités où ils sont acteurs de leur vie. Plutôt que de donner cours, le détaché participe à la dynamique de l’organisation en construisant des outils pédagogiques, en concevant des animations. Il ou elle fait intégralement partie de l’équipe d’animation !

Comment devient-on détaché pédagogique ?

Parfois un peu par hasard, en tombant sur une annonce, parfois par une rencontre d’un détaché pédagogique ou à un événement d’une organisation… Nathalie Flament est détachée pédagogique depuis quatre ans à l’asbl Résonance (anciennement ICC). Pour elle, cette expérience lui a permis de développer les compétences professionnelles au-delà de l’école et de s’ouvrir à d’autres horizons. « C’est un changement de vie ! Plutôt que les horaires et les vacances scolaires, ma vie quotidienne est rythmée par les activités de mon organisation. »

Quels sont les avantages ?

Le quotidien d’un détaché est fort différent du rythme de l’école, laissant beaucoup plus de temps libre. Même s’il est très proche d’un horaire de bureau, il y a aussi des animations, des déplacements… Pour Nathalie, c’est un des avantages les plus importants. « On a un horaire plus souple ! Un horaire d’enseignant est assez rigide, ici j’organise mon temps de travail comme je le souhaite. Si un de mes enfants est malade, je peux arriver une heure plus tard sans que cela ne pose de problème à personne. Et le plus précieux, c’est que quand je rentre à la maison, le boulot est derrière moi jusqu’au lendemain. »

L’année est rythmée autrement qu’en milieu scolaire, et le quotidien aussi. Plutôt que de préparer des cours, on participe à la réalisation d’œuvres collectives, de gestion de projets. Lorsqu’on demande à Nathalie si elle a appris beaucoup de choses, son sourire en dit long. « Oh oui ! J’ai ouvert mes horizons professionnels, je me suis découvert des compétences dans plein de domaines ! Et le pied, c’est la valorisation. C’est la grande différence avec l’enseignement, ici je suis valorisée par ce que je fais, aussi bien par les projets que je mène que les participants à des formations. »

« Le contexte de travail, c’est la cerise sur le gâteau. Les organisations de jeunesse, c’est un environnement jeune, collaboratif, on travaille vraiment en équipe, ça change d’être seule face à sa classe. Et cela fait du bien de pouvoir compter sur ses collègues. »

Comment se passe le retour dans l’enseignement ?

Sabine Gillmann est professeur de math dans l’enseignement secondaire. Elle a effectué un détachement pédagogique de 4 ans à l’ICC (Resonance) (interrompu par une année sabbatique à l’étranger).

Après quelques années passées dans l’enseignement, Sabine – qui a commencé à enseigner dès sa sortie de l’école – se posait beaucoup de questions par rapport à son métier. « À force d’entendre les critiques émises envers ma profession (les enseignants ont trop de congés…), j’ai eu envie de connaître autre chose afin de pouvoir comparer en effectuant un détachement pédagogique dans une organisation de jeunesse ».

Au terme de son détachement, Sabine aurait pu prendre une autre voie mais elle a souhaité retourner dans son école. Son expérience à l’ICC lui a permis de découvrir de nouvelles choses et elle est maintenant convaincue qu’enseigner est vraiment ce qu’elle souhaite.

Son détachement pédagogique et son année sabbatique lui ont permis de revenir plus sereine dans l’enseignement. « À l’ICC, j’ai notamment travaillé sur les questions de gestion de conflits et sur les manières de communiquer, ce qui m’aide énormément dans mon boulot. Mon détachement m’a apporté une expérience en dynamique de groupe et je vois désormais les jeunes d’une autre manière ». Convaincue que cette expérience est un vrai plus, Sabine a d’ailleurs déjà conseillé un détachement pédagogique à plusieurs enseignants.

Néanmoins, Sabine nous explique, déçue, que certains de ses collègues mettent tous les jeunes dans le même panier car ils ne les connaissent que dans le contexte scolaire. « Durant mon détachement à l’ICC, j’ai constaté que les jeunes pouvaient être très chouettes dans un autre contexte que celui de l’école ». Son défi quotidien est donc de retrouver ce qu’elle a vu chez les jeunes dans le cadre scolaire.

Pour en savoir davantage sur le détachement pédagogique :
http://www.enseignement.be/index.php?page=25594