Retour sur le Drink annuel du CJC
Le 12 février, le CJC a réuni ses membres et ses partenaires à l’occasion de son Drink annuel. Dans son discours, la présidente Laura Lievens est revenue sur les défis qui traversent aujourd’hui la Jeunesse et le monde associatif :
Cher·ère·s invité·e·s,L’actualité est plus frappante quand ce sont vos propres ami·es, une partie de la jeunesse, qui glissent dans la précarité. Quand vous vous rendez compte que ce sont vos ami·es dont parlent l’actualité. Que ce sont ces amis-là qui dénoncent le génocide à Gaza, qui refusent un enseignement déshumanisant et le glissement technocratique de notre société. Que ce sont ces mêmes personnes qui se font frapper par la police, qui n’ont plus assez d’argent pour se nourrir correctement et qui se font virer de leur logement. Alors, les pensées dissidentes s’éteignent. Elles meurent lentement.
Nous ne pouvons pas abandonner. Nous n’avons pas le droit d’abandonner. Et si les dirigeants et dirigeantes semblent se dresser avec toute puissance, que leurs discours saturent l’espace de pensée, nous, nous devons continuer à aiguiser notre propre esprit critique. Pour être en mesure de soutenir les jeunes. Si nous avons eu la chance de naître une trentaine d’années plus tôt, quand l’état social commençait seulement à être démantelé, nous devons agir aujourd’hui avec courage. Pour la Jeunesse. Nous nous devons de mettre les intérêts purement personnels de côté. D’éviter les petites lâchetés. La facilité.
C’est un travail d’équipe. Un travail intergénérationnel. Un travail réalisé par vous, au sein de vos OJ et vos associations. Où la jeunesse est véritablement écoutée, et pas seulement utilisée comme un élément de langage dans les discours des bien-pensants de ce monde. C’est un travail qui doit continuer au sein de notre Fédération, qui existe parce que vous existez.
Dans 6 mois, j’aurai 30 ans. Je ne suis déjà plus cette Jeunesse. Je n’ai été qu’un fragment. D’autres viendront après moi, et c’est dans l’ordre des choses de laisser la place aux premières et premiers concerné·es. De les accueillir pour ce qu’ils ont à dire. Bientôt, nous célébrerons notre changement d’identité. Je souhaite à notre Fédération d’avoir le courage de ses ambitions et l’honnêteté de ses discours, dans un monde qui nous pousse, toutes et tous, à nous replier sur nous-mêmes.
Quelqu’un m’a récemment dit de comprendre où nous pouvions perdre et où nous pouvions gagner.
Gagner, c’est continuer à résister. Résister dans son travail, son quotidien, sa pensée.Je vous remercie, toutes et tous, volontaires, travailleuses et travailleurs des organisations de jeunesse, des associations, et du CJC, de continuer à résister.



