Une fédération au service de ses membres

Marcher pour l’emploi, c’est faire plus que manifester

Si plusieurs travailleurs et pensionnés ont manifesté ce mercredi à Bruxelles en faveur du recul de l’âge de la retraite et de l’obtention de pensions de qualité, la situation s’annonce aussi cruelle et difficile pour les jeunes avec une perspective alarmante d’un jeune de moins de 25 ans sur trois qui serait au chômage en 2011, ou encore avec celle de 750.000 chômeurs en Belgique pour la même année. C’est sûr, les jeunes vont devoir faire face à un problème d’emploi de taille. De nombreuses raisons de faire entendre leur voix !

La récession serait-elle terminée ? Seuls les actionnaires le ressentent. Les grandes entreprises, les banques et les institutions financières ont été sauvées du naufrage par une injection massive d’argent public et aujourd’hui, ils renouent avec les profits records. Par contre, pour la population, la situation ne cesse de s’aggraver. Les travailleurs de nombreux pays sont les premières victimes de la crise de l’économie capitaliste. En plus des licenciements massifs, ce sont maintenant les acquis sociaux des travailleurs (les retraites, les congés payés, le service public...) qui sont dans le viseur du FMI et des marchés financiers.

En Belgique, la situation s’annonce tout aussi difficile en 2011 avec comme perspective un jeune de moins de 25 ans sur trois qui serait au chômage ou encore avec la perspective de 750.000 chômeurs en Belgique pour la même année. Selon Philippe Defeyt, Président du CPAS de Namur, « le chômage n’a jamais été aussi élevé, il augmente de manière tendancielle, depuis 30 ans, il touche aujourd’hui quasiment 15 % de la population active (…) ». Le débat lancé en Grèce, Espagne, en France et dans d’autres pays sur les retraites montre clairement que pour combler les déficits ce sont essentiellement nos acquis sociaux qui seront visés. Alors que de plus en plus de jeunes ne trouvent aucun emploi et ne peuvent se construire un avenir, certains veulent que les travailleurs plus âgés travaillent encore plus longtemps.

Face à de tels enjeux, la JOC a décidé d’être présente sur le terrain de la lutte mais aussi active à la recherche de vraies alternatives progressistes comme la diminution du temps de travail qu’elle prône, par exemple. Il nous semble en effet important de partager le temps de travail et les richesses disponibles à la place d’accentuer la compétitivité entre les travailleurs. Dans le cas contraire, nous pensons que les conflits et les tensions dans notre société continueront d’augmenter. Les quelques 70 % de jeunes qui connaissent le chômage dans certains quartiers de Bruxelles et dans le Hainaut seront de plus en plus marginalisés et précarisés. L’insécurité et les émeutes qui en découleront seront un nid pour la droite et l’extrême droite pour encore stigmatiser les jeunes travailleurs qui le sont déjà.

C’est pour cela que la JOC a décidé d’être active dans des comités “Jeunes en lutte pour l’emploi”. Ces comités organisés au niveau local n’ont pas pour objectif d’organiser une manifestation "one shot" mais comptent bien mettre en place un long processus de réflexion, d’actions et d’apprentissage à la lutte. Ceux-ci peuvent être lancés dans les quartiers, dans les entreprises, dans les écoles et les universités ou tout simplement autour de soi avec quelques connaissances pour mener des actions. Avec une telle méthode, on pourra commencer à organiser un rapport de force pour mener des actions de plus grande ampleur par la suite. Nous appelons tous les jeunes qui veulent nous soutenir à prendre contact avec la JOC de Bruxelles à jocbruxelles@joc.be , au 02/557 88 55 ou au 0472/21 44 75.

La première marche locale a été lancée par une centaine de jeunes le 1er mai dernier à Mons. Cette plateforme à Bruxelles regroupe notamment la JOC, les Jeunes FGTB et les Etudiants de Gauche Actifs.

Jalil BOURHIDANE
jocbruxelles@joc.be

Véronique LAURENT
communication@joc.be