Une fédération au service de ses membres

Shut Up !

Des photos belles et implacables forment l’exposition que l’Organisation de Jeunesse propose pour faire réfléchir à la spirale de la violence engendrée par différentes formes de harcèlement. Un projet artistique créé et porté par des jeunes fragilisés.

Un laboratoire pour s’exprimer et trouver sa place

« Tout part chez nous d’un groupe de jeunes en souffrance, qui se reconstruisent dans le service d’un hôpital où nous les rencontrons. Nos principaux projets émergent de ce lieu, de ces groupes qui trouvent les moyens et les ressources pour les mener à bien, avec notre aide ». Violette, coordinatrice, témoigne de ce processus qui forme le cœur de l’action de l’association.
Avec« Shut Up ! », il est question pour les adolescents d’exprimer un moment de leur parcours, souvent chaotique, où la manière dont ils ont été nommés les ontblessés. Ces mots, qui peuvent paraître anodins, leur ont collé une étiquette qui a déformé l’image d’eux-mêmes et entravé la construction de leur identité. Le moyen d’expression artistique utilisé est le maquillage de scène qui simule les coups et les blessures. Il s’agit de permettre aux jeunes de matérialiser ce qui les a fait souffrir en se maquillant mutuellement. « Ils choisissent eux-mêmes le maquillage et nous leur proposons juste la technique ». Un shooting photo de qualité offre un support qui fait mouche.

Le déploiement du projet

L’exposition ainsi créée a été utilisée pour des élèves en retraite sociale. Elle sera aussi mise en œuvre à Esperanzah cet été, associée à des ateliers théâtraux. « Nous espérons ainsi permettre aux spectateurs d’aller au-delà des apparences et de remettre en cause certains fonctionnements. Un mot "pour rire" peut avoir une portée beaucoup plus grande que ce que l’on imagine. » Dans les processus de harcèlement, rester passif, c’est participer d’une certaine manière à la violence. Dans ce climat, une victime peut devenir bourreau ou vice-versa.

Pour permettre aux enfants et aux adolescents de prendre conscience de ces mécanismes, Ego-Logique propose des pistes d’animation aux enseignants, animateurs, éducateurs et professionnels de l’éducation. Avec quelques éléments plus théoriques, ils constituent un dossier qui traduit le projet en permettant qu’il soit réapproprié. L’OJ met ainsi en avant l’expertise pédagogique de son équipe d’animation, exercée dans des stages, des ateliers ou d’autres moments de formation.

Permettre aux jeunes de rêver à leur tour

« Même si tous les jeunes touchés par nos activités ne deviennent pas actifs au sein de l’association, certains d’entre eux ont pu faire un parcours qui les a conduits à devenir volontaires, membres de notre assemblée générale. » Quand ils expriment le besoin d’être aidés pour mener à bien de nouvelles productions, ces volontaires sont soutenus. Quel que soient les moyens d’expression artistique (danse, arts plastiques, cinéma, etc.), ceux qui disposent des compétences artistiques recherchées peuvent entrer en jeu. C’est ainsi qu’un court métrage a été récemment présenté à Liège, œuvre d’un jeune dont l’organisation est plutôt fière.

Qui est Ego-Logique ?

Ego-Logique est une association de jeunesse composée de volontaires de 18 à 35 ans dont l’objectif est de développer une citoyenneté critique, active et responsable, dans une perspective d’égalité, de justice, de mixité sociale, de démocratie et de solidarité. Pour cela, elle propose à la fois des animations, des formations et des projets qui mettent en œuvre et favorisent le développement moral des participants.
Arts plastiques (street art et graffiti), techniques multimédias (cinéma, montages stop-motion, photographie), développement corporel (danse, techniques de cirque, théâtre et improvisation), mais aussi écriture, contes et histoires forment le panelde techniques d’expression proposées lors des animations destinées aux écoles, Organisations de Jeunesse, Centres de Jeunes ou à tous les groupes intéressés.
Des formations sont aussi mises en œuvre dans une perspective de développement moral, dans des domaines variés comme la psychologie (psychologie des enfants et adolescents, l’autorité, la justice, changements à l’adolescence, etc.), la créativité, la nature, la permaculture ou l’image numérique et l’éducation aux médias.
Enfin, l’association, créée en 2011 et reconnue comme Organisation de Jeunesse en 2016, organise des team-buildings ou évènements qui bénéficient à son action sociale.

Sophie Ducrotois, CJC