Journée de lutte contre l’homophobie – Briser le plafond rose


Malgré le renforcement des droits LGBTQia+ en Europe, des politiques publiques de diversité et la multiplication des actions inclusives au cours de ces dernières années, les actes et les paroles LGBTphobes persistent encore dans la société belge. Le plus souvent, il s’agit de réactions manifestes ou indirectes de rejet, d’injures, de discriminations, de harcèlement voire de violences physiques, dont les jeunes, entre autres, font les frais. C’est pourquoi le CJC, en tant que Fédération d’Organisations de Jeunesse, apporte au quotidien son soutien à la communauté LGBTQia+ et s’érige, en cette journée internationale de lutte contre l’homophobie, contre toute forme de discrimination.

Le CJC, en tant qu’employeur, tente d’être un modèle pacifié d’inclusivité et souhaite, en cette journée, mettre en avant les discriminations que les jeunes LGBTQia+ rencontrent sur leur lieu de travail. Le plafond rose imposé aux personnes LGBTQia+ est comparable au plafond de verre ou "glass ceiling", concept développé aux États-Unis pour désigner les freins rencontrés par les femmes à l’accès à la promotion ou à des postes hiérarchiques plus élevés. Diverses études ont souligné que le fait d’être LGBTQia+ peut freiner une carrière. Le plafond rose ou "pink ceiling" désigne les discriminations tacites et indirectes sur le lieu de travail à l’encontre des personnes LGBTQia+, qui se voient empêchées ou retardées d’accéder à des postes supérieurs. Conscientes du risque possible de subir ce plafond rose, certaines personnes LGBTQia+ feront le choix de ne pas affirmer leur identité sur le lieu de travail. Cette invisibilisation choisie ou subie reste problématique et ne concourt pas à encourager une réelle diversité. « Le quotidien n’est pas forcément facile. On subit de l’humour qui n’en est pas, des blagues sur les homos. Il y a aussi des agressions verbales et plus rarement du harcèlement », énumère Philippe Chauliaguet, administrateur de l’association française Homoboulot, qui souligne que les secteurs privé et public sont concernés. « Certains en ont ras le bol de se cacher pour éviter les problèmes ».

Le plafond rose n’est malheureusement pas qu’un phénomène exogène. Il prend racine très tôt, dès l’école, où de nombreuses et nombreux jeunes subiront divers traumas en raison de leur orientation ou leur identité sexuelle, qui auront des conséquences à long terme sur leur développement personnel et professionnel.

Le CJC s’est déjà penché sur la question dans différents dossiers du Phylactère et soutient la création d’un climat inclusif auprès de ses organisations. Garantir l’égalité de traitement des personnes LGBTQia+ dans le processus de recrutement et de développement RH est une priorité. Sensibiliser et former le personnel permet d’offrir un "safe space" relationnel. Prendre des sanctions immédiates contre les propos et les actes homophobes est nécessaire au même titre que favoriser le dialogue entre travailleurs et travailleuses et accompagner les personnes transidentaires dans leur projet de développement professionnel, comme nous le faisons pour tous et toutes.