Une fédération au service de ses membres

Il est vraiment trop tard ?

L’actualité du rapport du GIEC en tête difficile d’éviter les conversations qu’il est peut-être trop tard. S’il est trop tard, pourquoi se mobiliser ? Diego Dumont a été frappé par des policiers pour les avoir filmés lors d’une opération visant à arrêter des migrants… Des perquisitions ont eu lieu chez des particuliers, hébergeurs de réfugiés, pour un délit que la loi ne reconnait pas… A l’approche des élections, on entend ci et là parler de sécurisation, de démanteler le hub humanitaire proche du parc Maximilien, de combattre l’immigration « illégale »… On en vient même à enfermer des enfants dans nos centres fermés tout neuf.

Pourtant, dans le secteur Jeunesse, on continue d’y croire. Lorsque l’on est face à une situation difficile vécue par un jeune ou face à un projet qui semble aller dans le mur, inlassablement, on ressort son optimisme et une envie d’y croire, une confiance dans le projet, dans le jeune, dans ses capacités. C’est en ayant confiance en lui qu’on l’autonomise et qu’on permet la réalisation des projets et son apprentissage. Et puis, on se questionne, on analyse, on évalue, on se réinvente pour voir comment on aurait pu faire mieux pour s’améliorer encore la prochaine fois.

Pour nos organisations, nous devons en faire de même, en nous saisissant de modes d’actions différents et en expérimentant de nouvelles formes de mobilisation qui pourront amener au changement. Même si c’est difficile et que l’histoire se répète, que les enjeux semblent nous dépasser et que l’on est acculé, que rien n’avance et que c’est même pire.

On pourrait s’attrister de cet état de fait ; cependant, cela signifie deux choses. Tout d’abord, nous avons à disposition un protocole expérimental de nos actions collectives afin de déterminer celles qui seront les plus à même de faire changer les choses. Ensuite, nous savons maintenant qu’à chaque fois que la violence, le mépris, la brutalité et l’indifférence nous frappent dans nos luttes, nous devons continuer car nous savons que le changement ne vient ni de lui-même, ni sans résistance. Que chacune de nos chutes, tous nos coups, nos échecs et nos revers soient autant d’indications vers la bonne direction, celle d’une société plus juste, humaine et solidaire, nécessairement tournée vers les progrès.