6000 euros sans impôts, un beau projet de société ?

Permettre aux pensionnés ou aux travailleurs salariés d’accéder à un travail associatif pour combler les fins de mois et mettre du beurre dans les épinards, soutenir les petites associations en leur permettant d’engager un travailleur flexible, la proposition de loi déposée par Maggie De Block instaurant un nouveau statut, le travail associatif, semble idyllique et rêvée. Tous libres de travailler un peu plus, quand nous le souhaitons, tout en nous investissant dans un projet de société. Mais pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ? Le CJC se questionne pourtant sur le projet de société auquel renvoie cette proposition de loi.

Le projet de loi de Maggie De Block voudrait combler des attentes diverses : un statut pour les jeunes qui effectuent un service citoyen ou pour ceux qui rendent un service communautaire, des compléments pour les personnes qui s’investissent en plus de leur travail ou de leur pension ou une régularisation pour les échanges de service, etc. Ce projet vaste et ambitieux, s’il répond à pléthore de problématiques, semble, néanmoins, faire l’impasse d’une réflexion approfondie quant au projet de société auquel il renvoie.

Déresponsabilisation du gouvernement

Sous couvert de mobilité et de liberté, cette solution met en évidence une précarisation supplémentaire pour plusieurs catégories de personnes dont les jeunes. Est-ce vraiment par ce travail associatif que le gouvernement propose de solutionner les problèmes de précarité auxquels la société fait face ? Un statut qui, lui-même, ne participe pas à la solidarité de notre système en étant exempt de taxe. Avec cette proposition, le gouvernement se déresponsabilise et invite les citoyens, qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts avec leur salaire ou leur pension, à trouver eux-mêmes des solutions alternatives, telles que les flexi-jobs ou le travail associatif, pour s’en sortir. Cet avenir bouché, marqué par une absence de solidarité, rend ce nouveau statut inacceptable pour le CJC.

Marchandisation de l’associatif

Avec la réforme du droit des sociétés, les nouvelles prescriptions sur le travail associatif concourent à l’intégration des associations de jeunesse dans un monde entrepreneurial, concurrentiel et insécurisé où elles ne se sentent pas à leur place. Un projet de société où tout doit être marchandé, que ce soit les relations entre voisins, l’animation des enfants ou encore la solidarité intergénérationnelle, ne correspond pas à celui porté par le CJC et ses organisations membres. Celles-ci souhaitent offrir à tous les jeunes de vrais espaces de liberté pour s’engager volontairement. Des lieux, où ils sont reconnus comme des acteurs qui contribuent à leur avenir et à celui du monde dans lequel ils souhaiteraient vivre.

Ce projet de loi a pour objectif de permettre aux citoyens et aux employeurs d’être plus libres d’effectuer des prestations flexibles en vue de mieux répondre aux demandes du marché. Le CJC pense qu’il est, tout d’abord, nécessaire de donner des moyens à la collectivité, en investissant dans des salaires et des pensions décents, des emplois sûrs et durables afin de permettre à l’ensemble des citoyens de s’engager de manière totalement libre et gratuite dans l’associatif.

Le Conseil de la Jeunesse Catholique (CJC) rassemble 23 associations œuvrant dans le domaine de la jeunesse. A travers des métiers et des centres d’action riches et variés, ces associations rassemblent près de 200.000 jeunes, actifs sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui s’investissent chaque année dans une dynamique citoyenne, responsable, active, critique et solidaire.

Secrétaire Générale
Nadia Cornejo
0496/317 259
ncornejo@cjc.be